Amérique
Sur le fil de l'Atacama
Novembre 2013
Calama - Colchane - Salar de Surire - Parinacota - Arequipa - Canyon de Colca

Introduction

Depuis plusieurs années, je songeais poser mes roues sur le continent américain. La fin de mes études m'offre de nouvelles perspectives professionnelles et ouvrent un nouveau chapitre dans ma vie. En ce mois de décembre 2012, je pose donc pour la première fois de ma vie mes roues en Amérique latine, que je ne quitterai plus pendant quelque temps.
Rallier le nord de l'Argentine au Pérou, c'est traverser le coeur de l'Altiplano, là où le désert, les salars et les volcans s'entremêlent dans une symphonie de couleurs.

Voir le diaporama:
Sur le fil de l'Atacama
Nord-Chili et Arequipa - 2013

Chili (Nord Atacama)

Sable, sel et sueur

Deux nuits de bus sont parvenues à m'éreinter avant même le début de ma traversée. En cette matinée du 18 novembre, j'arrive à Calama, ville au cour du désert nord-chilien et située à plus de 2000 m d'altitude. Si la nuit dans le bus péruvien avait plutôt été confortable, les compagnies chiliennes, plus onéreuses, offrent pourtant des prestations plus modestes.
La route se transforme rapidement en piste au revêtement excellent, voire asphalté à l'approche du salar d'Ascotan et d'Ollagüe. Le vent majoritairement favorable m'épargne d'efforts superflus dans ce long faux-plat montant me menant vers ce village à plus de 3700m d'altitude.

Les paysages sont parsemés d'imposants volcans à la teinte rougeoyante le soleil couchant. Rarement ce mélange d'isolement et de désolation n'a été si grandiose. Survivant au temps, la voie ferrée est parcourue par quelques rares trains de marchandises moribonds. Au cour de ce désert, les mines sont légion et rappellent que la région est avant tout dépendante de ses ressources primaires : du sel au cuivre. Certaines d'elles permettent la constitution d'un réseau routier quadrillant parfaitement le désert. Je contourne le cerro Aucanquilcha, que j'avais tenté de gravir il y a tout juste un an. Les 50 km suivant la mine de Collahuasi sont asphaltés et parcourus par un va-et-vient constant de véhicules miniers.
En longeant la frontière bolivienne, je jongle entre salars et volcans. Les fumées s'échappant des sommets m'indiquent leur état d'activité. Le salar de Huasco compte sur une faune riche en flamants roses. C'est aussi le début d'une piste difficile dans laquelle je me perds et dois couper à travers pampa afin de rejoindre le tronçon principal, composé de ce mélange nocif tant pour la bicyclette que pour l'homme de sable et de « taule ondulée ». Crispé sur ma machine, les muscles pétris par les secousses, mais le vent toujours favorable, j'atteins le pied d'un col à plus de 5000m d'altitude, dont il me faudra plus d'une demie journée à franchir. Surprise : les derniers kilomètres rejoignant Colchane, village frontalier avec la Bolivie, sont asphaltés. Je me rends au poste des carabineros dans l'espoir d'y trouver de l'eau, ressource si rare et précieuse au cour de ce désert d'altitude. J'y suis invité à prendre du thé, manger du pain frais, et à dormir dans l'un des dortoirs vides de cette petite caserne militaire. La douche chaude est la bienvenue. A l'écart de la civilisation pendant plusieurs jours, chaque rencontre paraît revêtir un sens plus important.

Mais mes mots restent limités. Ce matin, je n'arrive même plus à ouvrir ma bouche tant les gerçures de mes lèvres sont douloureuses. De mes mains à mon visage, ma peau est brûlée par cet impitoyable soleil d'altitude. Après quelques jours de repas rationnés, j'ai déjà perdu quelques kilos. Mais je tiens à rallier le Parinacota. L'année passée, je me suis retrouvé à quelques kilomètres de là, en Bolivie, renonçant finalement à rejoindre ce volcan dans l'espoir de passer Noël au chaud.

D'une manière générale, les pistes du parc national de Vicuña sont plus suaves, bien que quelques passage délicats ne ralentissent encore mon avancée. Je franchis un nouveau col à plus de 4500m avant d'atteindre aux rives du salar de Surire, royaume de la vigogne et paradis du campeur. Au loin, j'aperçois déjà les neiges éternelles du Parinacota. Il me faudra une journée supplémentaire sur une piste parmi les nombreux convois de camions en provenance des mines environnantes ainsi que quelques heures supplémentaire par une belle nuit étoilée afin d'atteindre le village de Parinacota. J'y prendrai une journée de repos, assistant au lever et au coucher de soleil sur les neiges rosissantes de ce volcan à la forme d'un cône glacé à la symétrie parfaite. A ses côtés, le Pomerape paraît refléter son imposant jumeau. Le Parinacota est assurément le plus beau volcan d'Amérique du Sud.

Je n'ai plus qu'à effectuer la longue descente vers le Pacifique avant de traverser à nouveau la frontière. Me revoilà au Pérou.

Pérou (Arequipa-Colca)

Vol du condor, steak d'Alpaca

Sur la route de Lima, Arequipa constitue une halte désirable afin de prendre quelques jours de repos. Le centre-ville, constitué de maisons coloniales de pierres volcaniques, rappelle la proximité du Misti dont les neiges ne sont désormais plus éternelles.

Une fois n'est pas coutume, j'abandonne mon vélo pour effectuer un tour guidé vers le canyon de Colca dans le but d'observer les condors. Le mirador concentre davantage de touristes à l'affût du moindre geste de ces rapaces, criant et glapissant au vol de chacun d'eux au dessus de cet impressionnant canyon.

1près un nouveau passage (survol) des terrasses agricoles colorées et contrastées de la vallée de Colca, le retour sur Arequipa est l'occasion de s'initier à la cuisine locale copieuse dans l'une des nombreuses picanteria de la ville. Il est temps de rentrer sur Lima. Dans quelques semaines, je serai en Amérique centrale.

Voyage précédent: "La pointe tropicale des Andes" Voyage suivant: "Entre volcans et caraïbes"

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